23 décembre 2009. C'était il y a longtemps, nous étions petites. Nous rigolions pour des histoires de Starbucks, nous faisions nos courses chez Muji, achetions des trucs et des bidules à Lafayette V.O., portions des serre-tête, et chantions dans les rues. Ce que j'aime je crois, c'est que ça n'a pas tant changé. Un peu, évidemment. Nous n'avons plus tout à fait douze ans, mais pas tant. Nous nous détestons, et pourtant. Je ne veux pas lui échanger mes maisons au Monopoly, et pourtant. Je crois que c'est pour ça.

23 décembre 2009. C'était il y a longtemps, nous étions petites. Nous rigolions pour des histoires de Starbucks, nous faisions nos courses chez Muji, achetions des trucs et des bidules à Lafayette V.O., portions des serre-tête, et chantions dans les rues. Ce que j'aime je crois, c'est que ça n'a pas tant changé. Un peu, évidemment. Nous n'avons plus tout à fait douze ans, mais pas tant. Nous nous détestons, et pourtant. Je ne veux pas lui échanger mes maisons au Monopoly, et pourtant. Je crois que c'est pour ça.
Cette année, il n'y aura pas de sapin. Je ne sais pas tellement où je pourrai poser mes cadeaux. Peut-être que je n'en poserai pas, et que je garderai les chocolats pour moi. Je ne sais pas encore. Je n'aime pas ma maison. Pas cette année. Le calendrier d'avant-Noël n'est toujours pas rempli, et il n'y a pas de petites étoiles bleues sur les fenêtres. Je ne sais même pas où je passerai Noël. Peut-être que je devrai prendre le train, et partir loin, quelque part où il y aura un sapin, un vrai. Un jour, Max avait dit que pour Noël, il viendrait avec ses feutres à paillettes, et dessinerait des sapins plein mes joues. Les feutres à paillettes de Max, des fois, je me demande si ils marchent toujours. Je me demande si il a toujours le bonnet à pom-pom, ou si il l'a remplacé par une de ces horreurs qu'il détestait. La fin de l'année sans lui, ce n'est plus tellement pareil. C'est drôle comme on peut aimer des gens un jour, et les oublier le lendemain. Alors, lorsqu'on se revoit, il y a des sourires gênés, et plus grand chose à raconter. Clément ne boit plus de café, et quand il en boit, c'est seulement pour combler le silence avec le bruit de sa petite cuillère. Je le sais.
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# Enviado el miércoles 23 de diciembre de 2009 06:10

21 décembre 2009. J'ai fouillé avec les yeux. Un peu partout. Et j'ai marché longtemps. J'ai fait craquer la neige sous mes bottes, et j'ai souri en traversant le passage clouté. Je crois que je vais répondre au garçon. Au garçon qui me demande si l'on peut mieux se connaître. Je pense aussi que je vais lire un bouquin. Je n'aime pas lire, mais je crois que j'ai envie. Aujourd'hui était une belle journée. Ils étaient emmitouflés dans leurs écharpes et leurs bonnets, le froid faisait rougir le haut de nos joues, et des mots à l'accent américain se baladaient dans nos converastions. ces mots là étaient drôles, ils faisaient s'allonger les sourires. Mes jambes rechignaient à avancer, à rester debout encore un peu plus longtemps, et pourtant. Pourtant, cet après-midi là était beau.

21 décembre 2009. J'ai fouillé avec les yeux. Un peu partout. Et j'ai marché longtemps. J'ai fait craquer la neige sous mes bottes, et j'ai souri en traversant le passage clouté. Je crois que je vais répondre au garçon. Au garçon qui me demande si l'on peut mieux se connaître. Je pense aussi que je vais lire un bouquin. Je n'aime pas lire, mais je crois que j'ai envie. Aujourd'hui était une belle journée. Ils étaient emmitouflés dans leurs écharpes et leurs bonnets, le froid faisait rougir le haut de nos joues, et des mots à l'accent américain se baladaient dans nos converastions. ces mots là étaient drôles, ils faisaient s'allonger les sourires. Mes jambes rechignaient à avancer, à rester debout encore un peu plus longtemps, et pourtant. Pourtant, cet après-midi là était beau.
C'était drôle. C'était hier. Je métais apercue que j'aimais ma classe. Je crois que finalement, nous étions gentils. Que chacun faisait de son mieux. Je crois que je veux rester là. Je n'ose pas trop le dire, pas après tout ce que j'ai pu dire. Je n'ose pas trop le dire, pas après avoir crié chaque soir de chaque semaine à la maison. Peut-être même qu'à cause de moi, cette année, il n'y aura pas de sapin de Noël dans le salon. Peut-être que la bûche, nous ne la mangerons pas tous à la même table. Pas cette année. Alors je n'ose pas. Je continue de dire que la prépa c'est nul, et que j'en ai marre. Par fierté. Peut-être même qu'à cause de moi, il n'y aura plus autant d'assiettes sur la table le soir. Je rigole. Je fais semblant. Je dis que ça me va, que j'aurai deux fois plus de cadeaux. Mais j'ai trop peur. J'ai trop peur que tout ça soit de ma faute. Trop peur de ne plus partir à Cherbourg l'été. Et trop peur de ne jamais comprendre. Alors, quand tout le monde dit que c'est pour de rire, j'ai envie de crier. Parce que moi, je sais que non. Que le pour-de-rire, c'est passé. Que maintenant, c'est du pour-de-vrai. Hier, dans la cuisine, j'ai entendu pour-les-enfants. Et en fait, j'ai peur.
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# Enviado el lunes 21 de diciembre de 2009 14:52

Aujourd'hui, je lis un livre sur le Mac-Do. Je vais demander à travailler là-bas juste pour les vacances de Noël. Pour vérifier ce qu'ils disent dans le livre. Ce n'est pas des blagues. Ils ne voudront jamais de moi, mais on ne sait jamais. Je veux voir si c'est vrai que l'on met de l'eau dans le Coca.

Il y a des livres comme ça. Des livres magnifiques que l'on a envie d'ouvrir sans cesse, et de raconter. Je n'en n'ai lu qu'un. C'était Breakfast at Tiffany's. Avec une photo d'Audrey Hephburn sur la couverture un peu bleue. Je m'étais dit, quand même, il faudrait que je connaisse ce livre, quand même, il faudrait que je sache qui est Audrey Hephburn. Quand même. Je n'avais pas aimé tout de suite. Le barman ne me plaisait pas beaucoup. Et je n'aimais pas celui qui racontait l'histoire. Jusqu'à ce que. J'avais adoré. Souligné des phrases. As gin bears to artifice the same relation as tears to mascara, all her attractions at once dissembled. Et des mots. Hop-hop-head. J'avais tout aimé. Chacun des caractères des petites pages blanches. Gagner sa vie en allant se repoudrer les joues aux toilettes des restaurants. Descendre chez le voisin par l'échelle inscendie. Oublier sans cesse les clefs de son immeuble. Et cuisiner du poulet au chocolat ou d'autres de ces bidules étranges. Tout me plaisait dans ce livre. J'ai peur d'être déçue si je l'ouvre aujourd'hui. J'ai peur de ne pas aimer autant, et de me dire qu'Holly est stupide. J'ai peur de tout ça, et pourtant, je sais que ce livre, ce livre là, il m'a plus. Je crois que c'est le seul. Le seul que j'ai tant aimé. Je n'aime pas beaucoup lire, et pourtant.
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# Enviado el sábado 12 de diciembre de 2009 06:10

Je crois que j'ai toujours eu peur des gens qui crient. Mais encore plus de ceux qui ne disent rien. Il avait tendu ma note qui était un rond. J'avais trouvé ça injuste. Je n'avais pas compris. Un peu comme les enfants, lorsqu'on leur confisque la tarte à la myrtille en plastique qu'ils tiennent à la main. C'était drôle de voir que ces gens, autour de moi, je les aimais bien. Finalement. Ils existaient, ils étaient là, et finalement, il étaient comme moi. Ils n'avaient pas de gros sacs-à-dos sur leurs épaules, et ils ne lisaient pas tous les livres. Ils ne connaissaient pas tous les mots, et ils avaient des sourires. Il riaient. Leurs rires étaient beaux même. J'adorais les entendre, les voir appuyés contre le mur, à rêver un peu. Et les entendre crier dans les couloirs. J'avais eu trop peur au début. Et en fait, ils étaient géniaux. Eux aussi avaient du avoir peur avant d'arriver là. Eux aussi avaient du penser qu'en prépa, on ne s'amusait pas. Qu'on avait des boutons. Et qu'on avait toujours un cahier à la main. Peut-être même qu'on n'avait pas le temps de manger. Ou d'aller faire de la fumée devant le lycée à la récré. Et qu'on écrasait le pied du voisin dès qu'on le pouvait. Et finalement, non. Ce n'est pas comme ça. Alors quand j'avais vu une paire de bras se tendre, et que je m'étais jetée dedans, quand j'avais entendu des mots, et que je les avais partagé, je m'étais dit que ça y est, je voulais rester là. Je ne sais pas tellement pourquoi. Mais là, finalement, ça me plaisait, malgré le rond sur ma copie.


C'était il y a un an. Je lui avais envoyé un texto. J'avais pleuré. Nous avions parlé jusque tard dans la nuit je crois. Il avait juste dit qu'il ne me laisserait pas tomber, qu'il serait là, quoi qu'il arrive. Je n'avais pas osé tout lui dire. Mais j'avais dit le plus gros. Je le savais. Il était devenu mon meilleur ami, parce que j'avais eu besoin d'un meilleur ami, et que lui avait été là. Il avait été là pour partager un peu. Pour que je ne sois plus toute seule. C'était quelques mots seulement, et pourtant, j'avais eu tellement honte. Et tellement peur qu'il ne comprenne pas. Qu'il crie. Et me laisse toute seule. Ses mots étaient restés calmes. Comme si je venais de lui dire que j'étais en train de manger du chocolat, rien de plus. Il avait oosé des questions, je n'avais pas su si je devais répondre, et il avait promis que tout irait bien, juste. J'avais fini par y croire, et par lui faire confiance. Je n'avais jamais autant fait confiance. Aujourd'hui, je comprends que j'avais raison. Qu'il avait raison. Que tout va bien. Que j'enfile mes gants le matin, que les feuilles tombent, mais qu'il ne fait pas si froid, finalement.
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# Enviado el martes 08 de diciembre de 2009 15:04